Une région, un métier

Préparation des terres

Les riziculteurs disposent normalement d’une période assez longue pour préparer leurs rizières. Mais les pluviométries de l’automne et de l’hiver perturbent souvent les calendriers de travaux.

En riziculture irriguée, comme cela est le cas en Camargue, une attention particulière est accordée au nivellement, réalisé à l’aide d’une lame guidée par un laser. L’utilisation de cet équipement vise à obtenir des parcelles parfaitement planes, afin de permettre une gestion de l’eau la plus précise possible. Il peut être réalisé à l’automne, dès que les résidus de la culture précédente ont été enfouis, mais également au printemps, avant les dernières façons culturales.

Cette période d’inter-culture est également utilisée pour l’entretien des canaux d’irrigation (« porte-eaux ») et de fossés de drainage (« roubines ») qui maillent les zones cultivées.

Au printemps, une fois la dernière préparation superficielle réalisée pour l’obtention d’un lit de semences adapté, des rigoles sont creusées dans les parcelles afin de faciliter leur remplissage et leur vidange en cours de culture, puis la mise en eau est faite.

 

 

Installation de la culture

Dès la mise en eau réalisée, les rizières sont semées. Les semences, qui peuvent avoir été préalablement pré-germées, sont épandues à la volée à l’aide d’un épandeur centrifuge. Les semis s’échelonnent généralement du 20 avril au 15 mai.

Les doses de semences utilisées sont comprises entre 160 et 220 kg/ha, afin de compenser les pertes subies au cours de cette première partie du cycle.

Durant cette période délicate de l’installation, le savoir-faire de l’agriculteur est prépondérant. Il s’exprime en particulier via la gestion des niveaux d’eau dans les rizières, dans le but de favoriser une germination et une levée rapides, tout en limitant l’impact de conditions climatiques parfois difficiles (températures, Mistral - vent - ).



Protection de la culture

Les rizières constituent un milieu très favorable au développement de nombreuses plantes pouvant entrer en concurrence avec la culture du riz. Plus d’une soixantaine d’espèces y ont ainsi été répertoriées.

La gestion de l’enherbement représente par conséquent pour les riziculteurs un enjeu majeur. Si l’absence d’herbicides adaptés les a longtemps contraint à combiner le repiquage et le désherbage manuel, ce dernier n’est plus réalisé que par certains riziculteurs spécialisés dans un mode de production biologique.

Actuellement, outre les travaux du sol et les rotations culturales, l’enherbement est également géré via la mise en œuvre de programmes de désherbage adaptés à chaque situation culturale.

Pour la réalisation des deux à trois traitements nécessaires chaque année, les riziculteurs disposent d’une gamme restreinte d’herbicides, ayant tous fait l’objet d’une évaluation et d’une autorisation spécifiques pour une utilisation en rizières.



Fertilisation

En complément des apports d’engrais en fond (avant la mise en eau et le semis du riz), les riziculteurs procèdent généralement à deux apports en cours de culture, calés au plus près des besoins des plantes (tallage et début-montaison) afin d’obtenir la meilleure efficience possible des unités fertilisantes épandues.



La lutte contre la pyrale

La pyrale (Chilo suppressalis) est le principal ravageur de la culture du riz présent en Camargue. Ce papillon de la famille des lépidoptères pond ses œufs sur la face inférieure des feuilles ; après éclosion, les chenilles migrent vers l’intérieur des tiges de riz, dans lesquelles elles se nourrissent, provoquant des dégâts parfois importants.

La lutte chimique contre ce ravageur, basée sur une à deux applications insecticides au moment de l’épiaison (fin juillet à mi-août) a longtemps constitué l’option principale de contrôle.

Mais, le travail de sélection  pour l’obtention de variétés présentant une certaine tolérance à ce ravageur a permis une nette évolution des pratiques ; ainsi, actuellement, seules 20 % des surfaces reçoivent un traitement insecticide contre ce ravageur.

 

 

Récolte et gestion des pailles

En préparation de la récolte, les riziculteurs interrompent progressivement l’irrigation de leurs parcelles à partir de la fin du mois d’août.

Les récoltes débutent généralement à la mi-septembre, et se poursuivent jusqu’à la fin du mois d’octobre. Le grain doit avoir une humidité inférieure à 22 % pour être récolté dans de bonnes conditions.

L’utilisation de moissonneuses-batteuses équipées de chenilles permet de passer dans des rizières dont les sols sont souvent encore très humides.

Le « paddy » récolté est transporté immédiatement vers les silos d’un des organismes stockeurs présents en Camargue, pour y être séché et stocké.

Les pailles de riz, qui en Camargue étaient traditionnellement brûlées, sont de plus en plus fréquemment broyées et enfouies dans les parcelles où elles vont se décomposer lentement.
Malgré leur faible capacité d’absorption les rendant  moins intéressantes que les pailles d’autres céréales, elles peuvent également trouver une valorisation chez les éleveurs, en particulier lorsque les disponibilités en paille sont insuffisantes dans d’autres régions (comme en 2011 par exemple).

A l’issue de la récolte, deux options sont possibles :

 - Soit les parcelles sont laissées au repos jusqu’au printemps suivant, pour être à nouveaux cultivées en riz,
 - Soit elles sont très rapidement travaillées pour être semées dès l’automne, généralement avec du blé dur qui constitue la seconde culture dans les exploitations rizicoles camarguaises.